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Contenu

BAGOT Clément

BURY Pol

CLAVE Antoni

CURLING Terry

DADO

DEUX Fred

DUBOIS Lou

DUBUFFET Jean

GIAI-MINIET Marc

GUINAMAND Cristine

GROBORNE Robert

KIJNO Ladislas

LINDSTROM Bengt

MARIS Maude

MIRO Joan

MOCQUET Marlène

MORI Keita

PENK A R

Ernest PIGNON ERNEST

PIZA

RAINER Arnulf

RAMNICEANU Stephan

Lionel SABATTE

de SAGAZAN Olivier

SPOHN Quentin

TAPIES Antoni

TOGUO

VELICKOVIC Vladimir

VIALLAT Claude

VRANKIC Davor

ZONDER Jérôme

Une rencontre des contraires !

 

Née en 1950 à Marseille, Evelyne GALINSKI commence la sculpture très tard, découvre et expérimente les techniques de la terre, le tournage, l’émaillage et la cuisson.

Elle expose depuis 1999 en France et à l’étranger, en galeries et en foires internationales, avec un succès croissant.

 

" Qu'est-ce que ressusciter de son vivant même, qu'est-ce que renaître à la vie ? Telles sont les questions que chuchotent - à qui à des oreilles pour entendre - les œuvres d'Evelyne Galinski. Car envers et contre les signes de mort qui hantent son univers (les suaires, les corps décomposés), envers et contre l'atmosphère de tombe et le sérieux que propagent autour d'elles ses sculptures, c'est toujours vers une sorte de lumière incolore que semblent vouloir se tourner leurs yeux fermés. Mais cette lumière – cette sagesse de l'ombre – d'où vient-elle ? voilà le mystère sur lequel nous voudrions méditer en compagnie de cette artiste. "    par Frédéric-Charles Baitinger

« Jésus cria d’une voix forte : Lazare, sors ! Et le mort sortit, les pieds et les mains liés de bandes, et le visage enveloppé d’un linge. Puis Jésus dit à ceux qui l'entouraient : Déliez-le, et laissez-le aller. »

Evangile de Jean

Telle une alchimiste de la condition humaine partie en quête d'une pierre philosophale capable de convertir en or la matière noire de ses peurs, les figures qu'invente Evelyne Galinski ont ceci de particulier qu'elles sont capables d'évoquer dans l'esprit de qui les contemple avec piété, des sentiments de nature contraires. A la fois figures de la terre (arborant les signes de la finitude) et figures du ciel (soulevées par un élan vers la divinité), c'est toujours marquées du sceau paradoxal de cette impossible rencontre des contraires que ces sculptures s'offrent à nous.

Bien plus proche, en cela, de la dynamique de la croix chrétienne (dont la fonction est de représenter la rencontre du devenir (de l'immanence) et de l'éternité (de la transcendance) en un Instant paradoxal) que d'une représentation au contenu figé, les œuvres d'Evelyne Galinski se tiennent sur une ligne fragile où les contraires se fécondent en passant l'un dans l'autre. Voilà pourquoi il peut parfois sembler si difficile d'évoquer ce qu'ont de spécifique ces œuvres sans, dans le même temps, avoir la sensation de les trahir - de les profaner. Car il est bien clair que la contradiction qu'elles abritent, telle une plaie ouverte ne cessant de saigner, réclame de la part de ceux qui voudraient s'en approcher avec vérité, de ne jamais rabattre sur un seul membre de l'alternative, le mouvement qui les fonde.

Ni vraiment vivantes, ni toute à fait mortes, c'est à l'image que se faisaient les grecs du sommeil, plutôt qu'à la croix chrétienne, que nous voudrions faire référence pour conclure notre méditation sur ces sculptures d'au-delà. Car si les grecs se faisaient de la mort l'idée d'un sommeil prolongé, ce n'est que dans la mesure exacte où ils se doutaient que la mort ne s'opposait pas tant à la « vie vivante » qu'à la « vie morte » – autrement dit, qu'à la vie en tant qu'inconscience, que réclusion volontaire dans le rêve : que vie ayant choisi, de son vivant même, le confort de la tombe et l'exil de la nuit.

Or, face à un tel exil – face à une telle nuit, les êtres qui peuplent l'univers spirituel d'Evelyne Galinski nous délivrent, avec une force plastique hors du commun, le sens que peut avoir, aujourd'hui, l'idée d'éveil, et plus profondément peut-être, l'idée de renaissance. Car si la figure de Lazare (sortant du tombeau) représente bien une certaine idée de la mort en vie, elle n'en reste pas moins aussi le paradigme d'une vie s'arrachant aux artifices de la vie morte et marchant (enfin) vers la lumière d'une vie pleinement vivante.

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